Sénégal – Audit : Vers la résistance des lobbies maraboutiques ?


Constatant l’inadéquation entre la masse salariale élevée et les revendications sectorielles tous azimuts, le ministre de la Fonction publique, en collaboration avec le ministre de l’Economie et des Finances ambitionne d’auditer le personnel de la fonction publique. Mais, d’ores et déjà, le secteur de l’éducation qui absorbe 40% du budget de l’éducation se voit pointer du doigt. C’est en tout cas, ce que nous a confié une voix autorisée dans ce secteur qui prévoit l’obstacle des lobbies religieux pour torpiller cette volonté affichée de l’Etat.

Submergé par les revendications effrénées des différentes couches de la société, l’Etat du Sénégal, par la voie du ministre de la Fonction publique, a affiché une ferme volonté de procéder à un audit physique et numérique de ses employés dans l’intervalle novembre-avril. Ce, pour permettre de voir la correspondance entre la masse salariale et le nombre de fonctionnaires. Cependant, selon un fonctionnaire qui a préféré garder l’anonymat, l’audit annoncé ne serait-ce que dans le secteur de l’éducation, risque de révéler des informations sensibles. A l’en croire, depuis l’avènement du quota sécuritaire, il y a des enseignants fictifs payés mais qui se trouvent à l’étranger. Des enseignants sont recrutés dans un département pour servir ailleurs. Des personnes sont recrutées pour servir dans l’éducation et s’activent dans d’autres professions (menuisiers, maçons). C’est pourquoi, prévient-il, « l’audit posera beaucoup de problèmes ». Toutefois, tempere-t-il, « l’Etat est la seule entité dotée de réelles capacités pour mener convenablement son travail de contrôle ». Le probleme, dira-t-il, « c’est que beaucoup d’enseignants sont recrutés et mis à la disposition des marabouts ». Toujours selon notre interlocuteur, il y a une hypocrisie dans le recrutement. « Nous avons des talibés qui après avoir terminé leurs études auprès d’un marabout du coin, sont pris en qualité d’enseignants dans l’école francophone. Ils continuent à enseigner dans les écoles coraniques mais ne mettent jamais les pieds dans leur lieu d’affectation », souligne-t-il. Se voulant plus précis, il ajoute : « comment peut-on bénéficier d’un recrutement dans l’enseignement élémentaire francophone et aller pratiquer dans une école coranique ». L’autre phénomène, regrette-t-il, c’est l’existence d’enseignants recrutés dans le quota maraboutique pour être mis à la disposition des marabouts. Une telle catégorie concerne les talibés qui n’ont que le mérite de l’allégeance à leur guide. Pour récompenser la fidélité due à leur rang, des postes de sinécures sont octroyés à ces “loyaux serviteurs” toujours au service de leur marabout. Le tout pour dire que l’audit de la fonction publique est parti pour remuer le bateau sénégalais.

Source: http://www.dakaractu.com

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