La BCE prévoit une récession de 0,5 % en 2013


Malgré une révision à la baisse de ses prévisions de croissance et d’inflation, la BCE maintient le statu quo sur ses taux. Mario Draghi promet une politique monétaire accommodante aussi longtemps que nécessaire.

Mario Draghi, President of the European Central Bank (ECB)  addresses the media during his monthly news conference in Frankfurt

Mario Draghi, président de la BCE, jeudi à Francfort lors d’une conférence de presse où il s’est employé à rassurer. Crédits photo : KAI PFAFFENBACH/REUTERS

L’activité économique des 17 pays de la zone euro devrait reculer en moyenne de 0,5 % cette année. Cette nouvelle prévision, établie par les économistes de la Banque centrale européenne, est en retrait par rapport au recul de 0,3 % qui avait été annoncé en décembre dernier pour 2013. Conformément à leur habitude, les experts de Francfort ont présenté leur pronostic sous forme d’une fourchette (le chiffre de – 0,5 % étant le point central entre – 0,1 % et – 0,9 %).

Dévoilant ce scénario à l’issue de la réunion mensuelle du Conseil des gouverneurs de la BCE, Mario Draghi, son président, a tenu à en dédramatiser la portée. «Une reprise (économique) progressive devrait débuter au second semestre (de 2013)», a-t-il insisté.

Plus frappant encore pour une institution dont la mission est d’assurer la stabilité des prix, la BCE considère aujourd’hui que la hausse des prix à la consommation devrait s’établir à 1,6 % en 2013 et à 1,3 % seulement en 2014. Ce dernier chiffre est en net retrait par rapport à l’objectif officiel de maintenir l’inflation à un niveau proche de 2 %.

Pas de surprise

Malgré ces perspectives plus sombres, dont «le Conseil des gouverneurs continue de percevoir des risques orientés à la baisse», la BCE a décidé de maintenir ses taux d’intérêt inchangés, à 0,75 % pour le principal taux de refinancement des banques. Interrogé sur une éventuelle baisse, Mario Draghi a reconnu que la question avait été abordée. «Il y a eu discussion et le consensus qui s’est dégagé a été de laisser les taux inchangés», a-t-il dit. Parmi les 23 membres du Conseil des gouverneurs de la BCE, certains étaient donc partisans d’une réduction des taux. «Dans ce contexte, l’absence d’unanimité au sein du Conseil implique qu’une baisse des taux reste possible», en déduit Frédérique Cerisier, économiste de BNP Paribas. «Les perspectives d’inflation vont nous permettre de maintenir une politique accommodante aussi longtemps que cela sera nécessaire», a promis Draghi, laissant la porte à toutes les possibilités.

Le statu quo n’a nullement surpris les marchés financiers, plutôt rassurés. «Les taux sur le marché interbancaire sont inférieurs aux taux directeurs de la BCE, cela n’aurait donc rien changé en pratique. Et une baisse précipitée aurait pu être été interprétée comme un signal négatif d’inquiétude, chacun spéculant sur les informations que la BCE a en sa possession et qui auraient échappé aux observateurs», justifie Bruno Cavalier, économiste d’Oddo Securities.

Pendant toute sa conférence de presse Mario Draghi s’est justement employé à rassurer. Il s’est ainsi félicité que les remboursements anticipés par les banques des LTRO – ces liquidités accordées en 2012 pour trois ans – «témoignent d’une confiance qui s’améliore sur les marchés financiers ces derniers mois».

Concernant les élections italiennes, il a botté en touche, avec élégance : «Les marchés, passée une première excitation immédiatement après les élections, sont revenus plus ou moins à ce qu’ils étaient auparavant… Les marchés comprennent qu’on vit en démocratie.»

Source: http://www.lefigaro.fr/

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