Bouygues Telecom va pouvoir déployer rapidement la 4 G


L’opérateur a obtenu de l’Autorité de régulation des télécoms l’autorisation d’utiliser pour l’Internet mobile des fréquences aujourd’hui consacrées aux communications vocales

 SFR et Orange dénoncent un avantage concurrentiel

Enfin une bonne nouvelle pour Bouygues Telecom en ce début d’année, après l’annonce fin février d’une perte nette de 14 millions d’euros, la première enregistrée depuis 11 ans, et d’un chiffre d’affaires en recul de 9 % pour 2012. La faute notamment aux bouleversements du secteur engendrés par l’offensive tarifaire de Free Mobile.

Pour redresser cette situation, l’opérateur tablait sur le développement rapide de la 4G, la quatrième génération de téléphonie mobile, mais il lui fallait pour cela obtenir un coup de pouce de l’Autorité de régulation des télécoms (l’Arcep). C’est chose faite depuis la semaine dernière.

L’Arcep a en effet autorisé jeudi 14 mars Bouygues Telecom à acheminer la 4G sur sa bande de fréquences 1 800 MHz, utilisée pour les appels téléphoniques et les SMS et cela dès le 1er octobre. Pour nombre d’observateurs du secteur, la décision ressemble à une bouée de sauvetage lancée par les pouvoirs publics à l’opérateur en difficulté qui réclame cette mesure depuis l’année dernière.

 SFR et Orange s’insurgent

L’autorisation du régulateur va en effet permettre à Bouygues de déployer bien plus rapidement cette 4 G qui rend la navigation Internet depuis un mobile aussi rapide que sur un ordinateur. Il ne lui faudra guère procéder qu’à des paramétrages de son parc existant d’antennes GSM. Cette fréquence pénètre également plus facilement dans les logements.

Autre avantage, et de taille : plusieurs smartphones, dont l’Iphone 5 d’Apple, ne fonctionnent en 4G que sur 1 800 MHz. Bouygues aurait donc un temps d’avance commercial sur ses concurrents en attendant les prochaines générations de mobiles.

De fait, les deux principaux compétiteurs de Bouygues, Orange et SFR, se sont insurgés à l’annonce de la décision de l’Arcep contre laquelle ils bataillent depuis des mois. À la fin 2011, les quatre opérateurs français de téléphonie mobile (Bouygues Télecom, Free, Orange et SFR) avaient payé un total 3,5 milliards d’euros pour obtenir deux fréquences censées être dédiées à la 4G : les bandes 2 600 MHz et 800 MHz. Orange et SFR ont donc tout misé sur ces fréquences.

Orange et SFR auraient certes le droit d’utiliser elles aussi la bande de fréquences 1 800 MHz après la décision de l’Arcep mais cette bande est encore occupée pour « transporter » les communications vocales de nombreux clients. Les deux groupes doivent donc procéder à d’importants investissements, notamment pour la construction de nouvelles antennes, afin de commencer à proposer la 4G dans quelques villes françaises. Orange dénonce donc une décision « qui déstabilise (…) le jeu normal d’une concurrence par les mérites » tandis que SFR « s’interroge sur l’existence d’une rupture de l’égalité entre opérateurs. »

 Redevance multipliée par 5

Le président de l’Arcep, Jean-Ludovic Silicani, a admis que cette autorisation constituait un avantage pour Bouygues Telecom, mais qu’elle ne constituait pas « une distorsion de la concurrence ». Selon lui, cela permettra au contraire un déploiement commercial plus rapide des offres 4G.

En revanche, pour utiliser la bande de fréquences 1 800 MHz en 4G, Bouygues devra payer à l’État une redevance bien plus élevée, sans doute d’un peu plus de 60 millions d’euros par an au lieu d’une quinzaine de millions pour les fréquences initialement prévues. Bouygues a un mois pour donner sa réponse. Même si les dirigeants du groupe disent juger cette redevance « très élevée », il est douteux qu’ils renoncent à cette bouée d’oxygène.

 MICHEL WAINTROP

Source: http://www.la-croix.com

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